Archives Mensuelles: novembre 2012

Management : les 12 questions de Jim Collins

Auteur d’ouvrages consacrés au management, Jim Collins recommande aux entrepreneurs et aux managers de débattre chaque mois de l’une des 12 questions suivantes :

1. Notre intention est-elle de développer une grande entreprise et de faire tout ce qui est possible pour y parvenir ?
2. Disposons-nous des bonnes personnes et celles-ci occupent-elles des positions clés ?
3. Quels sont les faits incontestables ?
4. Quel est notre hérisson (« Si le renard sait beaucoup de choses, le hérisson n’en sait qu’une, mais elle est très importante », écrivait Isaiah Berlin) ? Le hérisson de l’entreprise est l’activité dans laquelle elle est la meilleure, qui la passionne et au niveau de laquelle une croissance est possible.
5. Quel est notre principal jalon et à quelle distance se trouve-t-il ? Quel objectif précis voulons-nous atteindre chaque année, que la conjoncture soit bonne ou mauvaise ?
6. Sur quoi misons-nous essentiellement, sur la base de données empiriques ? N’investissez largement dans une nouvelle initiative que si vous êtes certain de ses chances de réussite.
7. Quelles sont les valeurs-clés et l’objectif susceptibles de servir de fondements à l’entreprise au cours du prochain siècle ?
8. Quel grand objectif l’entreprise compte-t-elle poursuivre durant les 15 à 25 années à venir ? Pour développer une entreprise durable, il faut un objectif majeur tangible, facile à comprendre sans trop d’explications.
9. Qu’est-ce qui pourrait nous tuer et comment protégeons-nous nos arrières ? Quand elle contribue à faire face aux aléas, la paranoïa peut se révéler très productive.
10. Quelle activité faut-il abandonner pour améliorer la discipline et la concentration ?
11. Comment intensifier le « retour sur chance » ? Chaque entreprise a de bonnes et de mauvaises surprises. Comment profiter autant que possible des premières et limiter les effets des secondes ?
12. L’entreprise est-elle parfaitement cotée sur les plans du management et du leadership ?
Source : Inc

personnalbranding@yahoo.fr

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Qu’est ce que le neuromarketing ?

Laurence Serfaty est auteur et réalisatrice de documentaires. Réalisatrice de l’excellent documentaire « Neuromarketing, des citoyens sous influence ? », elle apporte un regard décalé,par rapport à notre vision de la société.

 

Qu’est ce  que le neuromarketing ?

Le neuromarketing, c’est l’utilisation d’outils d’exploration employés habituellement par les neurosciences, comme l’électroencéphalogramme et l’IRM fonctionnelle, pour des visées marketing. C’est-à-dire, en principe pour observer ce qui fait réagir positivement ou négativement un consommateur par rapport à un produit ou à une publicité.

 

Qu’est ce qui vous a poussé à réaliser ce film ?

J’ai découvert l’existence du neuromarketing en 2005, en lisant un article d’Alternatives Economiques. Comme la plupart d’entre nous, je suppose, ma première réaction a été l’étonnement, pour ne pas dire la consternation, que l’on puisse employer de supposées techniques de manipulations basées sur les dernières recherches des neurosciences pour nous vendre du coca, des voitures ou des pâtes. C’est à peu près à la même époque que Le Lay, ancien PDG de TF1, disait vendre, avec les espaces publicitaires, du « temps de cerveau disponible » aux annonceurs. J’ai voulu en savoir davantage, creusé le sujet et pour cela, j’ai peu à peu accumulé des informations, affinant la réflexion.

 

Vous dites que le neuromarketing est un argument de vente plutôt qu’une menace : qu’entendez-vous par cela ?

Mon sentiment, c’est que les impacts réels du neuromarketing sont gonflés par leurs promoteurs. Les grandes marques comme Coca, Mc Do, les dictateurs comme Hitler ou ceux des pays arabes qui semblent tomber les uns après les autres n’ont pas attendu le neuromarketing pour manipuler les foules. Ce qui ne signifie pas qu’il faut baisser la garde quant aux multiples tentatives de manipulation des esprits, mais il faut trouver le juste milieu entre l’indifférence et la paranoïa, autrement dit rester vigilant. Et donc, ce nouvel outil du marketing qu’est le neuromarketing sonne davantage comme un argument de vente pour faire payer  plus cher des études d’impact ou des études de marché.

 

Pourquoi le neuromarketing se développe-t-il autant ?

Parce que, dans nos sociétés dont la dynamique économique est basée sur la croissance continue, il faut vendre encore et toujours plus. Le marché est très compétitif, il ya plus de biens à vendre que de consommateurs pour les acheter, la lutte est rude. Cela coïncide avec les avancées rapides des neurosciences qui permettent, en principe, d’y voir un peu plus clair dans nos comportements. Le marketing a toujours fonctionné en se basant sur les travaux de la psychologie comportementale, il est donc normal qu’il s’intéresse aux travaux des neurosciences.

 

En quoi le neuromarketing peut-il nuire à l’image d’une enseigne ou d’une marque ?

Voulez-vous dire « pourquoi les annonceurs ne tiennent-ils pas à dire qu’ils ont eu recours au neuromarketing ? » Si c’est votre question, c’est parce qu’il y’a cette idée sulfureuse de manipulation derrière, je suppose. Mais, on sait bien que le marketing est sinon la « science » (j’insiste sur les guillemets !) de la manipulation du moins de celle de l’influence.

 

Considérez-vous le neuromarketing comme moral ?

Il n’est ni moral ni amoral. Pas plus que la science n’est morale ou amorale. La morale est individuelle ou collective. Les comportements sont moraux ou pas, en fonction des cultures, des sociétés. Le neuromarketing est un outil, dont les résultats sont en cours d’observation. C’est la façon dont on l’utilise qui est morale ou pas. Par exemple, on pourrait trouver amoral d’utiliser le neuromarketing pour nous vendre des produits mauvais pour la santé mais moral de l’employer pour améliorer les campagnes de prévention sanitaire.

N’est-il pas dangereux pour l’avenir de se baser sur les émotions des gens pour vendre ?

Mais c’est ce qu’on fait depuis toujours ! La différence, c’est qu’aujourd’hui, on comprend mieux les mécanismes entre nos émotions et nos décisions, entre l’émotion et la raison. Ce qui est important, c’est de comprendre comment fonctionnent nos émotions, c’est d’en finir avec le fantasme que nous sommes des êtres très rationnels capables de prendre des décisions rationnelles, sans qu’intervienne  le moindre affect. Si au moins, le neuromarketing a le mérite de nous sensibiliser au fait que nous sommes sans cesse traversés d’émotions et qu’elles jouent un rôle dans nos décisions, il aura au moins servi à quelque chose.

Quelle attitude doit adopter le consommateur selon vous ?

C’est à chacun de se déterminer en fonction de ce qu’il est, de ce qu’il veut pour la société dans laquelle il vit. Personnellement, et ce n’est que mon avis, j’essaye de me demander si j’ai vraiment besoin de ce que je suis en train d’acheter mais j’accepte aussi les achats « plaisir ». J’essaye de trouver un équilibre, de ne pas avoir un comportement ni compulsif ni obsessionnel du « bien acheter ». Et puis, souvent, c’est mon porte-monnaie qui dicte sa loi 😉

 

L’art Oratoire ou La prise de parole de Jean-Luc Mélenchon décryptée

Il y a dans l’arsenal oratoire du leader du Front de gauche des armes d’une redoutable efficacité dont pourrait s’inspirer bien des chefs d’entreprise. Toutefois son talent évident masque des faiblesses, observe Laurent Tylski, coach de dirigeants, spécialiste de la communication orale (1). Analyse.

 » En meeting, il excelle. Certes, le public lui est conquis, mais ce tribun sait emballer son auditoire, le captiver, le galvaniser. On sent qu’il a travaillé sa gestuelle, sa voix, son rythme, ses intonations. Il a un vrai jeu d’acteur, théâtral et vivant. Mais attention, le frontiste de gauche sait attaquer fort, fuir ou manipuler ses contradicteurs. A proscrire dans l’univers du business.

1. Le vocabulaire concret, percutant. Jean-Luc Mélenchon, ex professeur de français, n’hésite pas à manier un langage châtié pour parler au peuple. Il ose le terme désuet de  » nonobstant  » et employer juste après des termes familiers ou argotiques :  » franchir la ligne jaune « ,  » lui mettre une pilée « . Il aime aussi les adages populaires, les images à la puissance évocatrice,  » les banquiers qui se goinfrent « . Mais il use de mots simples : humain, courageux, vérité, force etc. Il est clair, intelligible. En outre, il n’abreuve pas l’auditoire de chiffres, 3 ou 4, pas plus. Ce qui frappe davantage les esprits :  » 8 millions de pauvres, 8 millions de mal logés dans la 5ème puissance du monde…  »

2. Le  » nous  » associatif et l’impératif. Ce harangueur utilise le nous à foison mais jamais le  » vous « , sauf à l’impératif, ce qui est selon moi inédit. Il englobe ainsi son public dans son discours, il le fédère, avec des formules inclusives,  » ne croyez-vous pas « ,  » souvenez-vous en toute votre vie « … Ce n’est pas le  » vous devez..  » ou l’éternel  » yakà, faukon  » qui exaspère tant. Ce procédé inhabituel cartonne. Un patron peut tout à fait s’en emparer avec une légère emphase :  » impliquez-vous dans le projet « ,  » soyez porteurs  »  » vivez pleinement les valeurs de l’entreprise « . Cela n’a rien d’autoritaire, ni de ridicule, et on fait des autres les héros de l’histoire.

3. La force de l’exemple. L’homme manie le  » je  » avec parcimonie et à bon escient. Il n’en use que dans deux cas. Un, pour souligner une initiative  » j’ai mis en place… « . Deux, pour raconter une anecdote personnelle.  » Je rencontre une femme qui me dit.. « . Ce qui déclenche un processus immédiat d’identification chez l’auditeur. Une force ! En outre, Mélenchon sait adapter son discours au contexte. Il est en banlieue parisienne? Il parle des problèmes du RER. Un patron qui visite une entité peut l’imiter. Plutôt que décliner les poncifs du siège, il ajustera son propos.  » Dans le bassin d’emploi de notre usine…  » ou  » Lorsque je discute avec M. X, le maire de… « .

4. Un français impeccable. La syntaxe est parfaite, la concordance des temps aussi. Et il fait simple : un mot, un verbe, un complément, ça coule. En outre, il émaille ses propos de références littéraires ou historiques (Voltaire, Hugo, le mois  » germinal  » du calendrier révolutionnaire…). L’homme est cultivé, et ça sonne juste, authentique, intelligent. Le dirigeant ne doit pas hésiter lui non plus, à convoquer des moments forts du passé de son entreprise dans son discours, il insufflera de l’élan dans les rangs.

5. La mise en bouche gourmande des mots. Le rythme est très étudié. A 140 mots par minute, c’est trop lent, à 180 c’est trop rapide, Mélenchon est à 150. Il est donc audible. En outre, il appuie les voyelles d’une forte intonation à la Jean Gabin, ou à la de Gaulle,  » Jeee…vois ! « ,  » Viiive…le Québec liiiibre ! « . A l’inverse de Fabrice Luchini, qui lui marque les consonnes. Les deux techniques, qui détachent les mots, donnent du relief au message, et aident à sa mémorisation. Un dirigeant peut s’en servir pour faire passer un slogan d’entreprise, une phrase-clé, un mot d’ordre. En outre le politicien sait moduler sa voix et faire de jolis crescendos avec du coffre. Il ne faut pas avoir peur de cette puissance-là non plus.

6. Une belle amplitude des gestes. Là encore, le tribun paie de sa personne. Il appuie son discours de gestes forts, doigts pointés, poings serrés, bras écartés, parfois trop, genre les Dalton qui hurlent :  » hauts les mains « . Il éructe parfois, il sourit avec ironie, fait des mimiques. Bref, il donne à voir et suscite l’émotion, rendant vivant son discours.

7. Un pupitre refuge. C’est dans la mise en scène, que le bât blesse. Si Mélenchon est bien campé sur ses jambes, il reste planté derrière le pupitre. Cet objet semble le protéger. Certes il ne lit pas ses notes, posées en face de lui, un atout, mais il ne bouge pas. Je conseille aux managers en entreprise de se déplacer muni d’un micro cravate et de fiches bristol à la main pour se rassurer.

8. La fuite du contact  » yeux dans les yeux « . Ce combattant évite le contact visuel. Il pratique la technique du phare, bougeant sa tête de gauche à droite et inversement afin de balayer la foule du regard mais sans en accrocher aucun. Et c’est pareil face aux journalistes ou à ses adversaires politiques. Exemple, devant Marine Le Pen sur France 2, il ne la regardait pas dans les yeux, mais sur les lèvres. C’est une façon de déstabiliser l’autre qui ne se sent pas regardé. Or, c’est une erreur pour un businessman. Face à une salle, il doit passer de visage en visage dans diverses directions et en tête à tête, il plantera ses yeux dans ceux de son vis-à-vis en se mémorisant leur couleur.

9. L’attaque de l’interlocuteur. » Soufflante de haine, une bête malfaisante « ,  » Demi-folle « . Mélenchon cogne dur sur l’adversaire, ici Marine Le Pen. Trop dur à mon sens, même si c’est sur un ring politique. Car les phrases assassines, les sobriquets méchants sont des jugements sur des personnes. Aucun dirigeant ne peut casser si rageusement un concurrent en public, sa réputation en prendrait un sacré coup. Et en entreprise la règle est au respect. Ce qui sauve Mélenchon, c’est le côté théâtral. Mais cette posture lui permet d’éluder le débat de fond, les questions, l’argumentation. Dans les médias, face à ses contradicteurs ou aux questions des journalistes qui dérangent (Arlette Chabot sur Europe1), il est dans la méfiance : il se ferme, a un sourire figé, des yeux de chien battu. Il reste dans l’expectative et cherche à reprendre le fil des dossiers qu’il a potassés. Ou alors, il coupe la parole et se fâche. Ce leader politique gagnerait à manier l’autodérision.

(1) Laurent Tylski est par ailleurs président-fondateur de l’Association Française des Conférenciers Professionnels.

Source : http://lentreprise.lexpress.fr

Dix (10) conseils pour devenir un « bon » patron

On peut toujours améliorer sa coupe de cheveux, alors pourquoi ne pas améliorer ses relations dans le cadre du travail ? Voici dix conseils pour augmenter sa cote auprès de ses salariés.

Un bon manager, c'est celui qui est au service de son équipe. Et non l'inverse! Pas question de gérer votre planning selon vos aspirations personnelles.

Pas de doute, l’influence de la télévision est passée par là. Toutefois ces résultats sont révélateurs de l’image du patron idéal. C’est un bon manager, de préférence un leader, une personne qui a du charisme et emmène son équipe vers la réussite. Il sait aussi gérer les échecs et trouver des solutions. Il rebondit, même lorsqu’il est au fond du trou.

Si vous ne vous reconnaissez pas dans cet être exceptionnel, vous avez certainement encore une petite marge de manoeuvre… Voici dix conseils pour améliorer votre côte auprès de vos salariés.

1. Vous avez un look décontracté – pas besoin de cravate au bureau -, vous appelez vos salariés par leur prénom et vous les tutoyez. Bref, vous adoptez l’attitude qui plaît à la génération Y. Mais les quinquas aussi peuvent apprécier !

2. Vous arborez toujours un léger sourire (plutôt qu’un air sombre) et vous dîtes  » Bonjour  » et/ou  » Bonsoir  » à chaque personne que vous croisez, de l’insignifiante stagiaire du mois d’août au charismatique directeur artistique. Chaque être humain qui travaille dans votre entreprise compte.

3. Vous avez de l’humour et vous aimez faire des petites pauses de cinq minutes pour raconter une anecdote ou faire une plaisanterie en petit comité. Ce n’est jamais du temps perdu ! Vous vous mettez dans la poche quelques collaborateurs, flattés que les précieuses minutes de votre emploi du temps hyper saturé leur soient consacrées. Juste pour le fun.

4. Le verbe manager signifie, sur le plan étymologique, conduire les affaires du ménage. Un bon manager, c’est celui qui est au service de son équipe. Et non l’inverse ! Pas question de gérer votre planning selon vos aspirations personnelles. Nous sommes dans l’ère de l’urgence. Les équipes qui gagnent sont celles qui réagissent vite. Elles ont besoin de vous à tout moment.

5. La porte de votre bureau est ouverte au moins 50 % de votre temps et lorsqu’un collaborateur passe une tête, c’est qu’il a vraiment besoin de vous. Alors, soyez suffisamment courtois pour lever le nez de votre ordinateur et l’écouter au lieu de décrocher votre téléphone qui est, de toute façon, sur répondeur.

6. Vous vous positionnez en leader. Vous savez mener des réunionsprendre la parole devant 200 personnes, inciter un ministre à venir visiter votre usine. Si vous faîtes tout cela avec panache, c’est encore mieux ! Vous êtes l’arbitre des décisions difficiles à prendre et vous assumez d’être parfois impopulaire.

7. Vous n’êtes pas forcément le meilleur technicien de votre boîte. Ce n’est pas votre rôle. Mais vous savez repérer et vous entourer de talents… et les garder. Il vous faut songer aussi à un numéro 2pour le jour où vous quitterez la boîte. Accident, vente, congé sabbatique… Il vous faut anticiper.

8. Vous donnez de l’enthousiasme à vos collaborateurs portés par votre vision, le sens du travail à mener et votre dynamisme. A tous les niveaux de la hiérarchie – de l’ouvrier au directeur général – vos salariés connaissent la mission finale de l’entreprise et oeuvrent pour le succès collectif.

9. Vous savez faire un compliment ; vous félicitez volontiers un cadre qui a réussi une mission. Vous savez aussi réconforter celui qui a pris une initiative intelligente, mais a échoué. Vous êtes dans l’empathie. On apprécie votre quotient intellectuel, mais c’est votre quotient émotionnel qui fait de vous un patron pour lequel on est prêt à aller au-delà de ses limites.

10. Si les résultats sont au beau fixe, vous préférez partager une partie des bénéfices avec vos salariés – sous une forme collective et/ou individuelle – plutôt que vous achetez une nouvelle Porsche.  » Donner pour recevoir  » reste l’une des meilleures recettes de la réussite. L’année prochaine, vous ferez encore plus de bénéfices…

Source : http://lentreprise.lexpress.fr

Sept (07) clés pour manager avec bienveillance

La gentillesse, une utopie dans un monde de concurrence acharnée ? Une naïveté ? Alors que cette valeur humaniste est fêtée ce 13 novembre, Xavier Cornette de Saint Cyr, coach chez Hexalto, assure qu’un manager efficace peut être bienveillant sans se muer en  » Bisounours « . Illustration.

Xavier Cornette de Saint Cyrest est l'auteur de : " Pratiquer la bienveillance, par l'écoute active et l'empathie. Ses conseils pour manager avec bienveillance.

 »

Le manager bienveillant n’est ni un « mollasson », ni un cynique manipulateur, ni même un psy. Il fait preuve de respect et d’humanité au quotidien afin de mettre de l’huile dans les rouages de l’équipe et de la faire avancer. C’est un pragmatique, focalisé autant sur les objectifs que sur le bien être de tous, ce qui n’empêche pas l’autorité. Un équilibre subtil à trouver mais efficace. Illustration en sept mots clés.

1. Ego. A mettre en sourdine. Seuls doivent compter l’objectif et l’intérêt supérieur du collectif, équipe ou entreprise. Exemples : boucler un dossier urgent, devenir leader sur un marché, s’accomplir dans la réalisation d’une idée. La bienveillance impose de dépasser ses préjugés mais aussi d’écarter la volonté plus ou moins consciente d’avoir toujours raison, en tout et sur tout. Au point d’en être directif ou de faire  » à la place de… « .

A savoir : la bonne intention ne suffit pas à comprendre l’autre si on reste centré sur soi et ses propres critères.

2.Empathie. Ou  » se mettre dans les chaussures de l’autre « . Il s’agit de ressentir ce qu’éprouve un salarié en difficulté ou en conflit, d’entrer en résonance avec ses émotions, de saisir son point de vue. Abordez-le avec tact :  » Pourquoi bloques-tu sur le projet Z ? J’ai l’impression que tu es tendu… Est-ce cela ? Y a-t-il autre chose ? « . Laissez l’autre vider son sac, vous partagez ce temps riche de sens avec lui. Puis concluez en douceur.  » OK, je t’ai écouté, entendu et compris ! « . Prenez 10 minutes pour cela, lui s’en souviendra. Par la suite, le travail doit reprendre mais tenez compte de ses propos.

A savoir : Ne pas confondre l’empathie, neutre, distancée avec la sympathie qui console, compatit et noie le manager dans l’affectif.

3.Coopération. Ou la quête du compromis, même dans un climat d’ardente compétition. Même bienveillant, le manager ne fait pas de concession, ni à ses pairs, ni à ses collaborateurs. Il ne cède pas sur ce qui est le coeur de son travail ou de son organisation. En revanche, il a l’intelligence de se dire :  » Cette tâche est superflue ou non vitale pour moi, ne puis-je pas la déléguer à Maxime, qui s’y intéresse « . Ou à l’inverse  » Ne puis-je réajuster la charge de travail pour faciliter la vie de Bruno ?  »

A savoir : Coopérer ne veut pas dire s’aplatir mais chercher ensemble une solution positive pour chacun.

4Compliment. Sur la manière de faire ou sur les qualités intrinsèques d’un collaborateur. Soyez concis, daté, basé sur des faits et enthousiaste.  » Lundi, tu as réussi à dénouer le problème avec le fournisseur, on sera livré à temps. Chapeau ! « . Féliciter est une façon de montrer à l’autre qu’on s’intéresse à lui. On reconnait ce qu’il fait de bien. Je conseille de solenniser ce moment lors d’un aparté dans votre bureau et d’éviter un bravo désinvolte aux détours d’un couloir ou dans l’ascenseur.

A savoir : L’éloge qui booste la motivation salue des performances inédites

5. Regard positif. Sur la tête de turc. Toute équipe compte ou ou plusieurs collaborateurs difficiles. La bienveillance consiste à prendre du recul envers celui-ci ou celui-là et à renforcer les « bribes » d’images positives que vous lui concédez. Exercez-vous à lui trouver deux points forts sur trois registres différents.1/ Ses traits de personnalité. 2/ Ce qu’il réussit régulièrement.3/ Ses qualités relationnelles. Donc six points forts. Vous retournerez ainsi 10% à 20% de votre aversion en positif.

A savoir : En élargissant sa vision, on peut modifier ses perceptions de l’autre

6. Sourire. La clé d’accès, pour l’équipe, au plaisir dans le travail.Tel le  » bonjour « , le sourire du chef, ou les sourcils détendus, est un signe d’ouverture, de disponibilité. Il déclenche chez l’autre le désir de bien faire. Et facilite le dialogue. En outre, il peut s’accompagner de gestes prévenants : avoir un mot affable sur un souci particulier, proposer un café, s’assurer que l’autre n’a pas le soleil dans les yeux etc.

A savoir : La cordialité doit être sincère pour être communicative

7. Droit à l’erreur. Indispensable à avoir en tête. Car la bienveillance vaut aussi pour soi-même. Inutile de vous mettre la pression en voulant être parfait. Parfois, un mot déplacé, un coup de colère peut vous échapper. Evitez de culpabiliser pour cela.Vous n’avez pas envie d’être aimable à cet instant, c’est tout.Avouez ces minis dérapages devant l’équipe.  » Je suis désolé, ma parole à été trop virulente!  » ou avertissez  » J’ai un problème, je ne suis guère disponible aujourd’hui « . Vous n’en serez que plus humain et ça validera tout le reste.

A savoir : Comme une règle grammaticale, la gentillesse peut souffrir des exceptions.

(1) Xavier Cornette de Saint Cyrest l’auteur de :  » Pratiquer la bienveillance, par l’écoute active et l’empathie  » et  » Petit traité de sagesse bouddhiste à l’égard des occidentaux « , chez Jouvence Editions

Actualité > La relation père-bébé expliquerait les comportements futurs de l’enfant

See on Scoop.itUne aiguille si…isolée

L’éducation commence dès la plus tendre enfance. De bonnes relations entre un père et son bébé de 3 mois impacteraient positivement sur le comportement de l’enfant à 1 an ainsi que pour le reste de sa vie.

See on www.futura-sciences.com

Carrière : soyez celui que vous rêvez d’être

See on Scoop.itUne aiguille si…isolée

Pour viser le poste, statut ou la carrière que vous souhaitez réellement vivre, il vous faudra prendre votre mal en patience afin de gravir une à une chacune des marches vous séparant de votre objectif.

See on nicolaspene.fr

Mon travail me rend malade

See on Scoop.itUne aiguille si…isolée

Nous évoluons dans un monde qui vise la performance, l’atteinte d’objectifs. Par conséquent, le stress est à la mode et c’est presque normal (voire valorisant) d’avoir fait un burn-out au cours de sa vie professionnelle.

See on www.talents-coach.com

Obama est-il un mythe ?

Obama est-il un mythe ?

 

Les héros véhiculent des images universelles permettant de s’émanciper et d’inspirer les hommes. Retour sur un personnage hors du commun, proche de la fiction et de la figure du mythe.

Dans « Les Héros Sont Eternels », un ouvrage paru en 1949, Joseph Campbell, anthropologue et professeur américain explique le rôle essentiel des héros dans la société. L’œuvre de Campbell a énormément inspiré Hollywood, à commencer parGeorge Lucas avec sa trilogie Star Wars, qui est de son propre aveu, directement inspirée des théories de Campbell, mais également Christopher Vogler, un producteur ayant en quelque sorte « traduit » la pensée de Campbell de manière didactique en un texte qui est devenu « Le guide du scénariste ».

La » force d’inspiration des mythes pour l’écriture cinématographique et romanesque », est paru en 1992 et servit de base de travail à bon nombre de storytellings made in Hollywood. Vogler y encourage les scénaristes et auteurs à se servir du monde des mythes et des archétypes comme d’une source d’inspiration et de construction de leurs récits afin de faire appel à l’inconscient des plus grandes civilisations. Aujourd’hui la plupart des fictions, de Matrix à Harry Potter en passant par LostGames Of Thrones ou même 24 sont construites de cette manière.

Dans les travaux originaux de Campbell apparaissent toujours plusieurs étapes dans le cycle du héros : son enfance du héros, la phase de conquête avec un héros guerrier, un triomphe (le héros empereur et rédempteur du monde) et enfin le départ du héros, sa mort. Ce cycle cosmogonique immuable reprend un ordre vrai de toute éternité pour tous les mythes et les héros de toutes origines.

Campbell soutient que quasiment tous les héros mythiques, quelles que soient l’époque et la culture dans lesquelles ils vivent, suivent un parcours contenant au moins une partie de ce schéma. Le parcours de vie de Barack Obama correspond étonnamment à cette construction mythologique.

 

« L’appel à l’aventure » – L’enfance du héros

Sa naissance à Hawaii, son enfance en Indonésie, ses origines kényanes et irlandaises ont beaucoup de points communs avec celles des héros de la mythologie greco-romaine. Les héros y ont souvent de multiples figures, et viennent fréquemment d’un pays lointain. Tous  ont également une enfance troublée (chez Obama la figure très complexe et tragique d’un père absent et de sa fin violente) et débutent leur périple à la suite d’un « appel à l’aventure ». Ce qui implique que le héros trouve une vocation, une phase transcendante ; ici son passage en tant qu’organisateur de communautés de quartiers, impliqué dans l’animation des zones difficiles du Chicago des années 80.

« L’épreuve » – Le héros Guerrier

Pour Campbell le héros appelé par l’aventure doit faire face au « gardien du seuil », le grand obstacle dans son voyage lors duquel il faudra vaincre, terrasser un ennemi, un monstre ou pénétrer dans un monde nouveau – généralement représenté par un lieu dangereux ou bien encore une île mystérieuse. Cette série d’épreuves lui permettra d’accomplir enfin l’objet de sa quête. Dans cette phase de conquête, Barack Obama a gravi tous les échelons en devenant sénateur puis pilier incontournable du parti démocrate jusqu’à devenir le premier président Noir des Etats-Unis en 2008.

Pour ce faire, il a comme beaucoup de héros, revêtu les habits du guerrier et du prophète. Ses armes furent son éloquence impressionnante, son envie de conquête et de réussite, et le monstre qu’il a terrassé est sans nul doute la xénophobie américaine, l’épreuve absolue, en devenant un président noir dans un pays pratiquant la ségrégation raciale seulement quelques dizaines d’années auparavant. Et en survivant à la crise économique, réélu après 4 ans de mandat avec un niveau de chômage important.

« L’apothéose » – Le guerrier empereurCette troisième phase représente symboliquement l’émancipation, la libération, une fois les épreuves initiatiques passées. Le héros devient alors le « héros empereur » en régnant sans contraintes (Barack Obama est face à énormément de limites vu la position du Congrès et du Sénat mais sa figure personnelle est plus souveraine, libérée : ne pouvant briguer de troisième mandat, il aura sans doute les coudées bien plus franches pour laisser sa marque dans l’Histoire). Les héros apparaissent dans cette phase de l’histoire comme un rédempteur, voire des guérisseurs.

Cette posture est incarnée par une phrase très lyrique, prononcée mardi soir lors de son allocation de victoire : « the best is yet to come ». Les héros empereurs sont aussi les plus populaires, ayant un lien direct, intime et magique avec le peuple. C’est cette figure qui s’impose et triomphe en 2012 avec un président réélu inspirant des centaines de mèmes (GIFS, dessins, vidéos…) et enflammant les réseaux sociaux avec un tweet historique (« Four more years ») devenu en quelques minutes le tweet le plus retweeté de tous les temps. Son deuxième mandat sera très certainement sous ce signe.

« Le départ du héros » – Le dernier rôle

 Il lui restera enfin un dernier rôle, celui de la mort ou du « départ du héros ». Là aussi, Obama devra affronter la figure du héros. Une fin tragique est-elle à imaginer pour Obama comme pour certains Rois et Dieux de la mythologie indo-européenne ? On ne peut évidemment pas le souhaiter. Dans quelques années, s’il s’éloignait, prenait du champ, il pourrait devenir un peu comme le roi Arthur ou Charlemagne : vieillissant, il se lèvera « à l’heure du destin » mais restera à jamais une figure mythique, voire mythologique.

Pour Joseph Campbell, « le héros est chacun de nous, pas pour l’être physique que reflète le miroir mais pour le Roi qu’il renferme ». Barack Obama est sans nul doute un exemple à étudier en ce sens. Un roi du storytelling et de la réinvention permanente de soi. Un modèle postmoderne. Une figure héroïque.

Ecrit par : Thomas Jamet – Moxie – Président (Groupe ZenithOptimedia – Publicis Groupe)

 

www.thomasjamet.com

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